Disparition d’Eva Kleinitz, directrice de l’Opéra national du Rhin

Eva Kleinitz, la directrice générale de l’Opéra national du Rhin vient de disparaitre. Nous reproduisons ci-dessous le témoignage que Camille de Rijck, le fondateur de Forumopera, a posté sur son blog Via Gambardella.

Inoubliable Eva Kleinitz

« Mon Dieu, comme Eva était belle ! Une beauté franche, riante, sincère et grave. La vraie beauté. Celle qui a priori ne s’efface jamais et qu’on porte encore dans ses vieux jours.

D’autres que moi – qui la connurent plus intimement – diront quelle femme exceptionnelle elle était. Mais il n’y a pas de mal à joindre ma voix à la leur.

Eva est arrivée à La Monnaie en même temps que Peter de Caluwe qui l’avait chipée aux équipes du festival de Bregenz. Il lui offrit les fulgurances de la modernité bruxelloise en échange de cette grande scène plantée sur l’eau et destinée aux milliardaires Suisses. Elle n’hésita pas longtemps.

Avec Peter ; avec Bernard Coûtant et Christian Longchamp ils formèrent une dream team comme l’univers de l’opéra en connut peu. Pendant un temps, tout le monde se rua à Bruxelles. La Monnaie devint Opera House of the year aux yeux du magazine Opernwelt et parvint à s’inscrire dans l’impossible succession de Bernard Foccroulle et de Gérard Mortier.

Eva resta six ans à La Monnaie. Elle accepta ensuite le poste de directrice à l’opéra de Stuttgart et candidata enfin à l’Opéra National du Rhin où elle fut accueillie en Messie. Dire qu’elle laissa partout derrière elle l’image d’une professionnelle qui ne sacrifiait jamais ses équipes sur l’autel de son zèle est un doux euphémisme.

Quand il fut question de remplacer le débonnaire Stéphane Lissner a l’Opera de Paris, contrairement à certains de ses collègues qui louvoyèrent et se perdirent en « peut-être que… », Eva fut implacable et confirma qu’elle ne s’était pas embarquée à Strasbourg légèrement. Ses premières saisons furent un enchaînement de réussites.

Seuls ceux qui la croisèrent pourront témoigner de ce charme, de cette beauté, qui portait à la fois la bienveillance et la plus profonde intelligence. Elle avait cette qualité princière d’inspirer confiance et rigueur à la fois.

Il est des êtres humains dont le monde se prive avec un petit peu plus d’amertume. Eva appartient incontestablement à ceux-ci. Restera le souvenir de son sourire, de son talent et de sa souveraine bienveillance. Il semble inadmissible qu’ils ne soient déjà plus de ce monde. »

Les opéras du mois de juin en accès gratuit sur Internet

ArteConcert, site d’Arte consacré au spectacle vivant,
OperaVision, site européen de maisons et festivals d’opéras
France.tv (anciennement Culturebox) site de France Télévisions présentant concerts et spectacles

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Vous les avez vus à l’Opéra national de Lorraine, vous pourrez les revoir dans d’autres mises en scène…

  • Gluck, Orfeo ed Euridice   [Operavision] Nancy | saison 2015-16 | Rani Calderon / Ivan Alexandre
    Dublin, Irish national Opera | 2019 | Peter Whelan / Emma Martin | « Emma Martin, metteur en scène et chorégraphe, propose une production courageuse, audacieuse et brillante… Elle offre une fusion réfléchie et équilibrée de la danse contemporaine et du chant traditionnel » (theartsreview) « Pour cette production, l’Irish National Opera a collaboré avec United Fall, une compagnie dirigée par la metteure en scène et chorégraphe Emma Martin, dont le travail estompe les frontières entre le théâtre conventionnel et la danse. » (operavision)
  • Gluck, Orfeo ed Euridice   [France.tv] Nancy | saison 2015-16 | Rani Calderon / Ivan Alexandre
    Paris, Théâtre des Champs-Élysées | 2018 | Diego Fasolis / Robert Carsen | « L’élégante sobriété de la mise en scène constitue un écrin de choix pour les interprètes et leur incarnation théâtrale et musicale. Intensément expressif, Philippe Jaroussky nous a rarement paru aussi juste et émouvant… Patricia Petibon traduit dans sa voix tous les abîmes de perplexité, puis de panique et de douleur, de la jeune femme face au mutisme de l’être aimé… Sous la direction de Diego Fasolis qui conjugue autorité et souplesse, I Barocchisti sont alors à leur meilleur. » (Avantscène opéra) « Pour cette affiche de premier ordre au Théâtre des Champs-Élysées, on était en droit d’espérer un Orfeo ed Euridice incandescent. Platonique et un brin ennuyeux, on ne peut pas dire que Gluck ait beaucoup inspiré Robert Carsen et les musiciens. Patricia Petibon, singulière Euridice, aurait eu les moyens de rehausser une soirée bien austère si la production avait choisi une autre version de l’opéra que celle de 1762 » (resmusica) « Avec une telle affiche l’attente était forte, peut-être trop. Cette mise en scène de 2011 pour la Canadian Opera Company, si elle flatte l’œil – et partant, sert l’écoute – n’en n’a pas moins quelques failles qui déçoivent de la part d’un créateur de l’envergure du metteur en scène canadien » (forum opera)
  • Janáček, Káťa Kabanová   [OperaVision]        jusqu’au 19 juin   Nancy | saison 2017-18 | Mark Shanahan / Philipp Himmelmann
    Naples, San Carlo | 2018 | Juraj Valčuha / Willy Decker | « La formidable mise en scène de Willy Decker en 2003 est reprise avec succès… » Bachtrack. « Une excellente interprétation générale » Le Corriere dello Spettacolo. « Perfection d’une installation scénique-réalisatrice réalisée avec des moyens minimaux… Aussi impeccable, tant sur le plan scénique que vocal… » Connessi all’Opera 
  • Massenet, Werther  [OperaVision] Nancysaison 2017-2018 | J-Marie Zeitouni / Bruno Ravella |
    Bergen, National Opera | 2019 | Frédéric Chaslin / Antony McDonald | Comme à Nancy, le ténor lituanien Edgaras Montvidas chante le rôle-titre
  • Mozart, Cosi fan tutte   [ArteConcert] Nancy | saison 2012-13 | Tito Munoz / Jim Lucassen
    Lausanne, Opéra | 2018 | Joshua Weilerstein / Jean Liermier | « Un spectacle ingénieux… Un  clin d’œil passablement amer et désabusé sur le monde (voyeuriste) dans lequel nous vivons… » (opera-online) « Le metteur en scène Jean Liermier n’a pas peur de transposer l’intrigue sur un plateau d’émission de télé-réalité. Pendant deux actes de tentation, de comédie sensuelle, parfois même de bouffonnerie, mais également de larmes… » (tempslibre)
  • Rossini, Semiramide   [France.tv] Nancy | saison 2016-17 | Domingo Hindoyan / Nicola Raab
    Venise, La Fenice | 2018 | Riccardo Frizza / Cecilia Ligorio | « Passant des sommets de virtuosité vocale à la création de climats envoûtants, cette production conduit le spectateur sur les chemins de l’éblouissement… » (opera-online) « Une version royale et intégrale… dans le même théâtre de sa création en 1823 » (bachtrack)
  • Strauss, Ariane à Naxos   [ArteConcert] Nancy | saison 2016-17 | Rani Calderon / David Hermann
    Festival d’Aix en Provence | 2018 | Marc Albrecht / Katie Mitchell | « Si la production est très satisfaisante sur le plan musical, la mise en scène nous perd en chemin… » (Télérama). « Malgré un plateau luxueux, dominé par l’Ariane de Lise Davidsen, les chanteurs peinent à donner le meilleur d’eux-mêmes dans le triste spectacle de Katie Mitchell… » (Diapason) « le Festival d’Aix-en-Provence a mis de son côté de beaux atouts, à commencer par une distribution de choix. Mais la fête n’est pas au rendez-vous… » (L’avant-scène opéra)
  • Stravinsky, The Rake’s Progress   [ArteConcert] Nancy | saison 2011-12 | Tito Munoz / Carlos Wagner
    Festival d’Aix en Provence | 2017 | Tim Brown / Simon McBurney | « C’est étonnamment le travail du metteur en scène britannique Simon McBurney qui vise juste, à l’inverse des autres composantes… » (resmusica) « Sa vision de The Rake’s Progress repose sur une excellente idée de départ, mais qui, à elle seule, ne suffit pas à porter le spectacle aux sommets les plus élevés… » (forumopera) « la direction musicale n’est pas à la hauteur de l’imaginaire stravinskien… » (Télérama) « Avec une distribution très homogène, et un spectacle accompli, c’est un succès incontestable… » (wanderersite)
  • Verdi, Aida   [France.tv]  Nancy | saison 2018-19 | Giuliano Carella / Staffan Valdemar Holm
    Liège, Opéra royal de Wallonie | 2019 | Speranza Scappucci /Stefano Mazzonis di Pralafera | « Mis en scène par Stefano Mazzonis, le classique de Verdi se déploie dans un classicisme totalement assumé. La Cheffe Speranza Scappucci parvient de son côté à trouver des nuances méconnues à cette partition figurant parmi les hits de l’opéra… » (lesoir) « La mise en scène efficace, quoique très neutre et sans beaucoup d’originalité… La direction musicale peu fouillée d’une Speranza Scappucci plus habile qu’habitée ne s’embarrasse guère de détails et pèche par un certain prosaïsme dans l’enchaînement des nuances… » (resmusica) « Absence de véritable direction d’acteurs… » (bachtrack)
  • Verdi, Aida   [France.tv]  Nancy | saison 2018-19 | Giuliano Carella / Staffan Valdemar Holm
    Venise, La Fenice | 2019 | Riccardo Frizza / Mauro Bolognini, Bepi Morassi | « Reprise de la mise en scène de 1978 de Mauro Bolognini renvoyant à la grande tradition, au sens le plus flatteur du terme » (operaclick). « La conception scénique est donc en harmonie avec la nature intimement diffuse de l’œuvre de Verdi – dominée par le drame intérieur de l’esclave éthiopien et des personnages qui lui sont liés – sans amplifier (ni même sacrifier trop) ses aspects les plus spectaculaires » (gbopera) « Cette mise en scène gagne à être vue pour ses subtilités esthétiques. Radicalement sobre, toute en bois naturel, elle suggère l’Egypte, avec quelques sphinx, sommets de pyramides, une lune expressionniste et une barque intemporelle, dans des couleurs infiniment douces et des costumes très simples. » (forumopera)
  • Verdi, Macbeth   [OperaVision]   jusqu’au 6 juin    Nancy | saison 2012-13 | Roberto Rizzi Brignoli / J Louis Martinoty
    Venise, La Fenice | 2018 | Myung-Whun Chung / Damiano Michieletto « Scène abstraite dépouillée, complètement vide, meublée seulement des protagonistes et surtout du chœur, omniprésent… » (agoravox) « Cette lecture hautement psychologique, dans laquelle une grande partie de l’action se déroule dans la tête de Macbeth, est cohérente et parfaitement réalisée… » (bachtrack)
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ABONNEMENTS ET PRISES DE PLACES


Les prises d’abonnement se font désormais pour tout le monde (adhérent Des’lices ou non) directement auprès du service abonnement de l’Opéra national de Lorraine et uniquement par courrier à poster ou mieux à déposer dans l’urne prévue à cet effet dans le péristyle.
Vous trouverez les formulaires papier classiques à remplir avec un bon stylo dans la plaquette de programme de l’Opéra.


En tant qu’adhérent à jour de cotisation, vous bénéficiez du Tarif Groupe et d’une priorité de traitement de vos demande. Cochez sur le bulletin la case « adhérent Deslices d’Opéra » et choisissez le tarif groupe.
Si vous ne pouvez pas vous déplacer, il est possible de télécharger plaquette et bulletin de souscription ici.

Nous serons présents comme chaque année à l’Office de Tourisme pour assurer des permanences
Mardi 28 mai : 9h30/12h30
Mercredi 29 mai : 14h/18h30
Vendredi 31 mai : 13h/17h
Lundi 3 juin : 13h/17h

L’opéra peut-il être pop(ulaire) ?

Partant d’une anecdote, la reprise en live de la Habanera de Carmen par le leader du groupe Nirvana, Kurt Cobain, Simon Hatab se demande sur cette page REGARDS du site de l’Opéra de Paris si la scission entre l’opéra et la musique pop est aussi définitive qu’on voudrait nous le faire croire. Il a posé la question à Agnès Gayraud, philosophe et musicienne sous le nom La Féline, qui a signé sur le sujet un essai passionnant – Dialectique de la pop, paru aux éditions La Découverte.

Olivier Py et les arts plastiques

Olivier Py, auteur, acteur, chanteur, metteur en scène de théâtre et d’opéra, est aujourd’hui le directeur du Festival d’Avignon. Rappelons qu’il a commencé sa carrière de metteur en scène d’opéra en mettant en scène le Freischütz de Weber en 1999 à Nancy. Le site ForumOpera.com nous propose ici une vidéo où Olivier Py nous parle de dix œuvres dans l’histoire de l’art qui l’ont influencé d’une manière ou d’une autre.

En complément, lisez la grande biographie de Timothée Picard, Olivier Py, Planches de salut, éditée chez Actes Sud en 2018.