Les Contes d’Hoffmann ou Le Reflet retrouvé de Jacques Offenbach

Jean-Pierre Vidit,  président du Cercle Lyrique de Metz, fait paraître ce mois d’octobre 2020 aux éditions SYMETRIE un ouvrage sur Les Contes d’Hoffmann, le chef d’œuvre de Jacques Offenbach :

“À la suite de la première des Contes d’Hoffmann, Ernest Reyer avouait  : « Je doute, ai-je-écrit quelque part il y a bien des années déjà, qu’une œuvre sérieuse sorte de la plume de qui a écrit les excentricités d’Orphée aux Enfers et de La Belle Hélène. Eh bien, je me suis trompé. »
Par un de ces pieds de nez dont l’histoire à le secret, Jacques Offenbach est acclamé pour le dernier opéra de sa production, Les Contes d’Hoffmann. Il connaît enfin le succès sur une scène officielle mais, ironie du sort, c’est à titre posthume ! Il gagne de ce fait sa place tant convoitée parmi les grands compositeurs dont les œuvres brillent au frontispice des grandes salles lyriques.
Cette reconnaissance post mortem de la qualité d’Offenbach en tant que compositeur d’opéra rejoignant ses illustres aînés après tant d’échecs, de déconvenues et un mépris toujours vivace, dessine presque une aporie rendant mystérieuse la genèse de la composition des Contes d’Hoffmann : l’artiste méprisé ou le poète maudit, pour rester dans la veine romantique, accouche soudain d’une œuvre dont la beauté et la puissance ne peuvent rationnellement s’expliquer par une lente mais sûre progression artistique.
Dans l’acte final des Contes – l’acte de Venise – Hoffmann paie de son reflet l’amour vénal de la courtisane Giulietta. Image symbolique, s’il en est, d’un homme – Offenbach – perdu et revenu de tout qui, en bradant son reflet, montre qu’il s’est perdu lui-même. Mais qu’a-t-il perdu ? Que va-t-il gagner ?
Telles sont les questions auxquelles cet essai cherche à répondre en interrogeant les liens entre la vie personnelle et publique du compositeur et la modification d’un processus créatif — y compris dans l’utilisation du « léger » — qui, pour se changer, va puiser, comme le dit le livret, dans les « cendres de son cœur » le matériau de son inspiration.”

Après Gabriel Bacquier, Mady Mesplé…

Mady Mesplé s’est éteinte samedi dernier 30 mai ; elle avait 89 ans. Mady Mesplé, c’était bien sûr “L’air des clochettes” du Lakmé de Léo Delibes qui l’avait rendue célèbre auprès du grand public ; en témoigne par exemple ce passage à la télévision française en 1966, accompagnée comme il se devait à l’époque par “Raymond Lefèvre et son grand orchestre”, disponible ici sur le site de l’INA. Mais sa carrière de chanteuse puis de professeur(e) ne se réduisait pas du tout à cela, comme il est justement rappelé sur France Musique ici.

Gabriel Bacquier, l’un des plus grands barytons français, est mort

Comme l’annonce France Musique aujourd’hui mercredi 13 mai, “l’un des baryton-basses français les plus estimés du XXe siècle vient de nous quitter. Grand interprète de Mozart, il s’est produit sur les plus belles scènes lyriques du monde. Il aurait eu 96 ans ce dimanche”. Je me souviens encore de son “incarnation” de Gianni Schicchi de Puccini aux côtés de Fedora Barbieri à Nancy en 1980…

Pour un hommage plus détaillé, voir le blog du Wanderer.

L’opéra sera-t-il l’une des principales victimes collatérales de la crise du coronavirus ?

C’est le titre de l’éditorial du mois d’avril du site Forumopera.com, signé par Sylvain Fort (8 avril 2020), et que vous trouverez en cliquant ici. On peut (et on doit) étendre ces considérations à tout le monde du spectacle vivant.

Folles d’opéra

Vous pouvez revoir en cliquant ici cet excellent documentaire diffusé sur Arte ce dimanche soir. Il illustre avec des acteurs majeurs du monde lyrique les propos du livre de Wayne Kœstenbaum Anatomie de la folle lyrique, paru en 1993 aux USA, et traduit seulement en 2019 en France aux Editions de la Cité de la musique – Philharmonie de Paris, mais avec une préface d’Olivier Py et une postface très intéressante de Timothée Picard.