Monteverdi par Gardiner à La Fenice de Venise : où comment un chef reprend la main devant les metteurs en scène…

Après L’Orfeo, Culturebox nous propose jusqu’à fin décembre 2017  Il Ritorno d’Ulisse in Patria et L’incoronazione di Poppea, les deux autres opéras de Monteverdi que Sir John Eliot Gardiner vient de diriger au Teatro La Fenice de Venise : où comment un chef reprend la main devant les metteurs en scène…

Joyeux anniversaire à Claudio Monteverdi

Entre 1550 et 1650, l’Occident opère une mue considérable et incroyablement rapide. La propagation des livres, de la Réforme luthérienne, des théories coperniciennes, la croissance des échanges avec le Nouveau Monde sont lourdes de conséquences : alors que les paradigmes changent, l’on assiste à l’éclosion des fondements de l’âge moderne. La génération des hommes nés autour de 1560 compte des savants comme Galilée, des écrivains comme Shakespeare et Cervantès, des peintres comme Rubens et Le Caravage. Et un musicien comme Monteverdi (Crémone 1567 – Venise 1643) dont la musique semble s’adresser à nous par dessus les siècles. Vous en saurez plus en regardant Monteverdi, aux sources de l’Opéra, le documentaire de Philippe Béziat disponible encore cinq mois ici sur arte.

Monteverdi par Gardiner sur Culturebox

En 2017, Monteverdi aurait fêté ses 450 ans. L’œuvre du compositeur italien (Crémone 1567 – Venise 1643) également chanteur, joueur de viole (et… prêtre !) marque le début de la période baroque et les prémices de l’opéra. Pour l’occasion, Culturebox nous propose de découvrir en intégralité les trois seuls opéras du maître qui nous soient parvenus, dirigés tout récemment par Sir John Eliot Gardiner au Teatro La Fenice de Venise : L’Orfeo, Il Ritorno d’Ulisse in Patria et L’incoronazione di Poppea. Pas de décor ni scénographie classique, mais une mise en espace qui rapproche les spectateurs du drame qui se joue sur la scène, où la musique est reine. A voir ici sur Culturebox Live depuis le 23 juin et jusqu’au 23 décembre 2017.

L’Opéra à la croisée des chemins

Les journaux nous rendent généralement compte des productions d’opéras de façon très chiche : il s’agit le plus souvent de commentaires très subjectifs du genre « j’aime/je n’aime pas », tout juste argumentés à partir d’un matériau emprunté aux dossiers de presse. A contrario, certains blogs de commentaires spécialisés sont d’une richesse remarquable : c’est le cas du blog du Wanderer hébergé sur le site du Monde. Je vous conseille ainsi la lecture du récent billet A la croisée des chemins qui met en perspective les saisons 2017-2018 des grandes maisons d’opéra.

 

L’économie fantôme de l’opéra

Dans deux brèves du numéro 16 de Des’lices en coulisse, j’avais déjà attiré votre attention sur les liens entre le monde de l’art et celui de l’économie. La première présentait l’ouvrage de Gilles Demonet, Les marchés de la musique vivante. La représentation musicale au XXIe siècle, paru en 2015 aux Presses de l’université Paris-Sorbonne. La seconde rappelait la chronique quotidienne d’Antoine Pecqueur Culture éco, du lundi au vendredi dans la Matinale de France Musique.

Je vous signale aujourd’hui un article fort intéressant qui vient de paraitre dans la revue en ligne The Conversation. François Lévêque, professeur d’économie à Mines ParisTech, y traite de L’économie fantôme de l’opéra. Je vous engage à le lire en cliquant ici.